Nutrition: équilibre, plaisir et découverte
Les additifs alimentaires en questions
Le 24/01/2012 par Anaël Stolz
E120, E201, E314... Derrière ces noms de codes se cachent des additifs alimentaires dont notre nourriture moderne est truffée: que sont-ils? A quoi servent-ils? Sont-ils dangereux pour la santé?
La plupart des produits que nous consommons sont des aliments issus de l’industrie agroalimentaire, qui emploie une grande variété d’additifs. Les étiquettes de leur emballage regorgent de noms et de codes qu’il n’est pas souvent aisé de décrypter. Comment reconnaître et comprendre leurs rôles ?
Qu’est-ce qu’un additif alimentaire ?
Ils existe une grande variété d’additifs. La Directive de 1989 les définit comme « toutes les substances habituellement non consommées comme aliment en soi et non utilisées comme ingrédient, possédant ou non une valeur nutritionnelle et dont l’adjonction intentionnelle aux denrées dans le but technologique a pour idée qu’elles deviennent un composant de ces denrées alimentaires. »
A quoi sont-ils destinés ?
Utilisés depuis plus de 2000 ans dans le but d’améliorer la conservation des aliments, les additifs alimentaires sont aujourd’hui largement employés par les industries agroalimentaires.
Le développement des technologies en matière de science de l’aliment, en biologie et en chimie leur a permis d’améliorer, grâce aux additifs, la couleur, l’aspect, la texture, le goût, la conservation et la consistance des aliments transformés, afin de les rendre plus commercialisables.
Quelles sont leurs conditions d’emploi ?
Des critères d’évaluation ont été établis pour protéger le consommateur en encadrant l’utilisation des additifs alimentaires. En vue d’harmoniser les législations, le Parlement Européen et le Conseil de la Communauté Européenne fixe la liste positive des additifs autorisés et leurs conditions d’emploi : les conditions d’incorporation de ces additifs, les denrées auxquelles ils peuvent être ajoutés, leur concentration maximale...
La liste positive est considérée comme la plus efficace pour protéger la santé et les intérêts du consommateur.
Les additifs ne sont approuvés que s'ils apportent la preuve de leur innocuité pour la santé humaine aux doses proposées.
Qu’est-ce que la DJA ?
Il s’agit de la dose journalière admissible pour un additif en dessous de laquelle aucun effet n'est constaté sur l'organisme. Les DJA servent donc à protéger la santé des consommateurs. La Commission Européenne, aidée de comités d'évaluation des additifs, a établi un texte normatif répertoriant les DJA de chaque additif. Elle est généralement exprimée en mg/kg de poids corporel/jour.
Comment identifier les additifs sur les emballages ?
L’utilisation de technologies industrielles modernes suppose l’utilisation d’une grande variété d’additifs. Ils sont classés en diverses catégories selon leur but technique et doivent être déclarés dans l’étiquetage de la plupart des produits, exceptés les produits non préemballés comme le pain. L’indication doit obligatoirement comporter le nom de la catégorie et le nom spécifique de l’additif employé soit en toutes lettres (comme les conservateurs ou les émulsifiants) ou son code prescrit par la Communauté Européenne : 3 chiffres précédés de la lettre E (E406, E950…) dont voici la classification :
- E1-- : colorants
- E2-- : conservateurs
- E3-- : anti-oxygène
- E4-- : agents de texture
- E6-- : exhausteurs de goût
- E9-- : édulcorants
- E14--: amidons modifiés
Existe-t-il des risques pour la santé ?
La Législation Européenne assure l’innocuité d’un additif en dessous du seuil de consommation (la DJA). Cependant, la surconsommation de certains additifs contenant des substances chimiques, absorbés sur de longues périodes et à forte dose, entraînerait des troubles tels que ballonnements, nausées et vomissements. A noter que ces effets ne tiennent pas tant à l’additif en lui-même, mais à la surconsommation d’un produit. Ces réactions, rarement d’origine allergique, doivent faire l’objet d’un examen médical ou diététique afin d’éviter toute restriction inutile.
Les additifs sont donc théoriquement inoffensifs. Ce que l'on ne sait pas, c'est leur effet à long terme si leur consommation est régulière et excessive.
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